Déjà suspendu, l’avocat d’Ottawa James Bowie a été condamné à verser 235 000 $ à une ex-cliente – et plaignante dans un dossier civil contre lui – pour lui avoir proposé de payer ses services juridiques par le biais d’une fellation. Il a également divulgué des détails personnels en ligne sur la femme après que ses allégations eurent été médiatisées.
La juge de la Cour supérieure Heather Williams a rendu sa décision le 11 octobre. Elle a décrit les actions de M. Bowie comme étant choquantes
et qu’elles constituaient une infraction au sens de la décence du tribunal
.
La relation avocat-client est fondée sur la confiance. Cette confiance est la raison pour laquelle les personnes peuvent confier en toute confiance leurs problèmes les plus intimes et toutes sortes d’affaires, grandes ou petites, à leurs avocats
, peut-on lire dans la décision de la juge.
À mon avis, la campagne menée par le défendeur pour exploiter les circonstances de cette jeune cliente vulnérable pour sa propre satisfaction, suivie de la divulgation publique de sa situation personnelle et d’informations confidentielles, constitue une violation stupéfiante des obligations de confiance qu’un avocat doit à son client.
L’amende que M. Bowie devra payer à Leanne Aubin est divisée ainsi : 75 000 $ pour manquement à l’obligation fiduciaire, 65 000 $ de dommages et intérêts, 30 000 $ pour diffamation, 25 000 $ de dommages et intérêts punitifs ainsi que 40 000 $ pour couvrir les frais juridiques de Mme Aubin.
Les deux parties n’ont pas répondu aux demandes de commentaires de CBC vendredi en fin de journée.
Devenu sa cliente en 2022
Leanne Aubin a fait la connaissance de James Bowie lorsqu’elle a eu besoin d’un avocat criminaliste pour la première fois. C’est un ami qui lui a recommandé l’avocat.
Elle avait été accusée d’agression armée après avoir lancé un pichet de bière en plastique sur un homme au cours d’une dispute à propos de Justin Trudeau et de Fidel Castro dans un bar d’Ottawa en 2022.
L’homme avait insulté Mme Aubin, par le biais d’une insulte sexiste en plus de faire un commentaire blessant sur sa famille. L’homme qui a encaissé le pichet a ensuite pris le téléphone de la femme pour lui lancer en plein visage, lui brisant un os, selon sa déclaration sous serment.
La police avait accusé la femme d’agression armée tandis que l’homme n’avait pas été accusé.
Les accusations contre Mme Aubin ont fini par être abandonnées à un moment où elle était représentée par un autre avocat.
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L’accusé ne s’est pas défendu
James Bowie ne s’est pas défendu contre l’action en justice de Mme Aubin.
Dans une déclaration sous serment, il a écrit qu’il s’est retrouvé dans une détresse émotionnelle paralysante
à cause des allégations contre lui, de la couverture médiatique importante
qui a suivi et des retombées sociales, professionnelles et financières
.
Cette détresse et ses problèmes de santé mentale ont rendu le respect des délais extrêmement difficile
, a-t-il ajouté.
M. Bowie a été pris en défaut à deux reprises pour ne pas avoir organisé sa défense, et son ancien avocat a été retiré du dossier à la fin de l’année dernière.
La décision de la juge Williams dans le procès de Mme Aubin est le résultat d’une requête en jugement sommaire déposée par les avocats de cette dernière, compte tenu de l’absence de défense de M. Bowie et d’une audience subséquente en janvier à laquelle M. Bowie n’a pas assisté.
Lors de l’audience à laquelle CBC a assisté, l’avocate de Mme Aubin, Christine Johnson, a fondu en larmes en lisant les conversations entre sa cliente et M. Bowie sur l’application Snapchat.
Je vous ai déjà dit que je préférais payer [mes services juridiques] en argent plutôt qu’avec le sexe oral. Ce n’est pas quelque chose que j’ai déjà fait. Même si je suis désespérée, je ne veux pas faire quelque chose que je regretterai, du moins jusqu’à ce que je sache que [mon ex-partenaire] ne reviendra pas
, avait écrit Leanne Aubin.
Son avocat lui avait répondu que cela était chaud
pour lui, ce à quoi sa cliente a répondu : Il n’y a rien qui m’excite dans le fait d’essayer d’empêcher ma vie de s’effondrer
.
L’avocate a eu de la difficulté à lire les conversations, au point que la juge a suspendu la séance pour quelques minutes.
Le procès de James Bowie devant un juge seul à la Cour de justice de l’Ontario, à Ottawa, a commencé le mois dernier. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Brian Morris/CBC
Propositions refusées à plusieurs reprises
Dans sa décision, la juge a statué que l’avocat ne voulait pas conserver des traces de ses conversations avec sa cliente lorsque celle-ci lui a proposé les modalités de paiement. Il a suggéré de communiquer par le biais de Snapchat, un réseau social où les messages disparaissent.
M. Bowie a proposé qu’elle paie ses services juridiques par le biais de services sexuels, ce qu’elle a refusé. Il a néanmoins continué d’aborder le sujet, lui faisant des avances avant d’envoyer une photo de son pénis.
Le jour de l’audience en janvier, l’avocate de Mme Aubin, Christine Johnson, a dit à la Cour qu’elle avait amené une copie de ladite photo et qu’elle pouvait la présenter si la juge le souhaitait. Mme Williams a répondu que ce n’était pas nécessaire.
Lorsque cette cliente vulnérable a dit plus tard au défendeur qu’elle avait des problèmes de santé mentale et qu’elle se sentait suicidaire, il lui a recommandé de boire de l’alcool, de se droguer et d’avoir des relations sexuelles avec lui, alors qu’elle avait dit à plusieurs reprises qu’elle n’était pas intéressée
, a rappelé la juge.
Après que la plaignante se soit plainte du défendeur auprès du [Barreau de l’Ontario], ce dernier a utilisé les réseaux sociaux pour se défendre. Il a identifié la plaignante, discuté ouvertement de leur relation confidentielle avocat-cliente en plus de divulguer des informations personnelles sur la plaignante
, a poursuivi la magistrate.
Le procès pénal est reporté
James Bowie fait face à des accusations criminelles en lien avec les allégations de Leanne Aubin ainsi qu’avec d’autres infractions présumées.
Son procès devant un juge seul à la Cour de justice de l’Ontario, à Ottawa, a commencé le mois dernier. Il a dû être ajourné, puis reporté, après une journée de séance en raison de problèmes rencontrés par son avocat, Eric Granger.
Ce dernier a déclaré à CBC que ces problèmes n’avaient rien à voir avec l’affaire Bowie.
La prochaine comparution de James Bowie concernant les allégations criminelles est prévue pour le mois de janvier. Ces allégations n’ont pas été prouvées devant les tribunaux.
Avec les informations de Kristy Nease, de CBC News
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